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  1. J'en veux Š° mon patron d'ignorer notre entente sur mon augmentation salariale.
  • Je suis furieuse contre mon fils qui veut abandonner ses cours.

  • C'est le troisiŠøme problŠøme que je rencontre avec mon ordinateur aujourd'hui. Je suis hors de moi!

  • Qu'est-ce que la colŠøre.

    La colŠøre est un Š¹motion simple qui traduit l'insatisfaction. Elle est vŠ¹cue Š° l'Š¹gard de ce qu'on identifie, Š° tort ou Š° raison, comme Š¹tant "responsable" de notre frustration. On Š¹prouve donc de la colŠøre envers "l'obstacle" Š° notre satisfaction.

    C'est sur cet aspect que la colŠøre se diffŠ¹rencie fondamentalement de la tristesse (qui elle aussi traduit une frustration). Dans la tristesse, on est directement en contact avec le manque lui-mŠŗme, alors que la colŠøre est une rŠ¹action Š° la cause de la frustration.

    La colŠøre est une Š¹motion que nous vivons frŠ¹quemment. En effet, il y a de multiples occasions d'insatisfaction durant une journŠ¹e de vie. De plus certaines d'entre elles perdurent parce que nous nŠ¹gligeons de nous en occuper adŠ¹quatement.

    Selon l'importance de l'insatisfaction. la colŠøre prend diffŠ¹rentes intensitŠ¹s et diverses identitŠ¹s. Pour n'en nommer que quelques-uns, disons que le mŠ¹contentement et l'irritation se situent Š° une extrŠ¹mitŠ¹, alors que l'exaspŠ¹ration et la fureur sont prŠøs de l'autre extrŠ¹mitŠ¹.

    Il y a aussi divers genres d'insatisfactions qui s'expriment Š° travers une gamme d'Š¹motions de colŠøre reflŠ¹tant leurs particularitŠ¹s. La rage, par exemple, est dŠ¹clenchŠ¹e en partie par l'impuissance Š° se soustraire Š° la situation non dŠ¹sirŠ¹e. La rŠ¹volte est spŠ¹cifique aux situations oщ on perŠ·oit une injustice. Plusieurs Š¹motions traduisant de la colŠøre sont composites, comme le mŠ¹pris, la jalousie, le dŠ¹pit, la rancune.


    Š quoi sert la colŠøre?

    Les organismes vivants cherchent Š° maintenir l'Š¹quilibre nŠ¹cessaire pour conserver un degrŠ¹ optimal de vitalitŠ¹ et de croissance. Leur processus d'adaptation fonctionne continuellement pour veiller Š° cet Š¹quilibre. Chez l'homme, les Š¹motions jouent, au plan psychique, un rфle d'informateur spŠ¹cifiquement sur le degrŠ¹ de satisfaction des besoins (cf. "Š quoi servent les Š¹motions ").

    La colŠøre surgit lorsque l'Š¹quilibre est rompu dans un aspect de notre vie. Le dŠ¹sŠ¹quilibre prend la forme gŠ¹nŠ¹rale d'une insatisfaction. Celle-ci peut signifier qu'un besoin est insatisfait, qu'un dŠ¹sir n'est pas comblŠ¹, qu'une attente est sans rŠ¹ponse ou peut-Šŗtre mŠŗme qu'un caprice n'est pas satisfait.

    La colŠøre porte un double message: elle signale Š° la fois l'insatisfaction et ce que nous considŠ¹rons comme "l'obstacle" Š° notre bien-Šŗtre. La colŠøre, en effet, est toujours vŠ¹cue Š° l'Š¹gard de quelqu'un ou de quelque chose. On en veut "Š°" de nous "faire vivre" telle chose.

    La colŠøre dŠ¹clenche une mobilisation de l'organisme entier. L'esprit est concentrŠ¹ sur le problŠøme (plus particuliŠørement sur l'obstacle). Plusieurs rŠ¹actions physiologiques sont dŠ¹clenchŠ¹es; elles sont particuliŠørement visibles lorsque la colŠøre est intense. L'expression "la moutarde me monte au nez" traduit bien la sensation physique que produit le dŠ¹but de cette mobilisation physiologique.

    La mobilisation nous prŠ¹pare Š° "l'attaque". On devient prŠŗt Š° se dŠ¹fendre, Š° conquŠ¹rir ce qui nous apportera la satisfaction dŠ¹sirŠ¹e. Essentiellement, la colŠøre fournit l'Š¹nergie pour vaincre l'obstacle qui se dresse devant nous.

    Comme toutes les Š¹motions, la colŠøre est une saine manifestation d'insatisfaction. Mais la faŠ·on dont on la vit peut parfois engendrer des problŠømes. Dans la mesure oщ elle se dŠ¹veloppe selon le processus vital d'adaptation. elle nous conduit Š° une action "appropriŠ¹e". (Voir: "La vie d'une Š¹motion ")

    C'est lorsqu'on agit impulsivement, en omettant des Š¹tapes du processus, qu'on dŠ¹clenche des problŠømes. C'est le cas lorsqu'on passe, par exemple, directement de l'Š¹mergence de la colŠøre Š° l'action.

    Les erreurs typiques reliŠ¹es Š° la colŠøre

    Une saine gestion de la colŠøre va de pair avec l'attitude qui consiste Š° porter la responsabilitŠ¹ de sa vie. Lorsqu'au contraire on considŠøre les autres (ou la vie elle-mŠŗme) comme responsables d'assurer notre bien-Šŗtre, on est naturellement portŠ¹ Š° les accuser de nos frustrations.

    Il est donc faux d'affirmer que la colŠøre est "mauvaise conseillŠøre" ou encore qu'elle provoque l'emportement. Ce sont plutфt les blocages dans le processus Š¹motionnel ou les erreurs dans l'attribution des responsabilitŠ¹s de notre satisfaction qui expliquent nos faux pas.

    Par exemple, le fait de sauter une seule Š¹tape du processus Š¹motionnel de ma colŠøre, m'empŠŗche d'agir en respectant "tout ce qui m'importe". Si je ne prends pas la peine de la ressentir et de comprendre "comment et combien" je suis affectŠ¹, je ne pourrai pas trouver une faŠ·on d'agir pour "complŠ¹ter" rŠ¹ellement mon expŠ¹rience. En nŠ¹gligeant une ou plusieurs Š¹tapes du processus, il me sera Š¹galement impossible de savoir si ma colŠøre est dŠ¹fensive ou fondŠ¹e. Par exemple je ne pourrai me rendre compte que ma colŠøre sert de camouflage Š° ma tristesse ou encore que j'attaque au lieu de reconnaŠ¾tre une vŠ¹ritŠ¹ dŠ¹noncŠ¹e.

    Si par ailleurs j'ai tendance Š° faire porter la responsabilitŠ¹ de ma satisfaction aux autres, ma colŠøre portera souvent sur des cibles impropres. Dans ce cas, je risque souvent de stagner dans mes insatisfactions, car les personnes faussement accusŠ¹es ne collaboreront pas. Si je mets la responsabilitŠ¹ de ma satisfaction dans les mains des autres Š° cause d'un "dŠ¹ni de la solitude", je porterai peut-Šŗtre indŠ¹finiment un certain nombre de griefs qui empoisonneront ma vie avec mes proches. (Pour le dŠ¹ni de la solitude, voir le chapitre "Les rŠ¹alitŠ¹s existentielles" dans "L'Auto-dŠ¹veloppement: psychothŠ¹rapie dans la vie quotidienne ").

    1. Erreur #1: dŠ¹vier de son objectif de satisfaction

    Dans le premier exemple, mon patron est la source de mon mŠ¹contentement en ne respectant pas une entente faite d'un commun accord. Š ce moment-ci, toutefois, ce n'est plus l'augmentation de salaire qui est en jeu, mais son respect Š° mon Š¹gard. Mon objectif devient donc d'obtenir de lui le respect que je souhaite. Si je n'y arrive pas, mon nouvel objectif pourra devenir d'agir en consŠ¹quence afin de me respecter moi-mŠŗme.

    Dans cette perspective, le fait de lui exprimer mes sentiments actuels pourrait constituer une solution satisfaisante. Lui exprimer mes rŠ¹actions et changer mon degrŠ¹ d'implication au travail pourrait Šŗtre une autre solution qui me satisfasse. Enfin, il se pourrait que la meilleure solution pour moi soit d'entreprendre des dŠ¹marches pour quitter cet emploi.

    Si au lieu des options prŠ¹cŠ¹dentes, je choisis de faire payer mon patron en adoptant une attitude boudeuse ou en nŠ¹gligeant mon travail, je n'aurai jamais la satisfaction d'Šŗtre respectŠ¹. Le problŠøme ne pourra qu'empirer.

  • Erreur #2: la rŠ¹volte contre les problŠømes de la vie

    La vie est constituŠ¹e d'une sŠ¹rie de problŠømes. Pour assurer notre satisfaction et notre confort, il faut rŠ¹gler ces problŠømes. Dans cette perspective, m'en prendre Š° l'ordinateur est sans issue du point de vue de ma satisfaction. (Il ne peut aucunement porter la responsabilitŠ¹ d'enjoliver ma journŠ¹e.) Je puis bien sыr "ventiler" et me soulager en l'accusant de tous les maux, mais si j'entreprends de le dŠ¹truire, il est clair que je concentre mon Š¹nergie sur la mauvaise cible.

    J'ai sans doute plus de chance d'Šŗtre vraiment satisfait en consentant Š° consacrer le temps qu'il faut pour le remettre en marche. Je pourrais par exemple appeler un technicien et rŠ¹-orienter mes prioritŠ¹s en fonction du problŠøme apparu. J'en sortirai sans doute plus satisfait que si je pleurais toute la journŠ¹e sur mon sort.

  • Erreur #3: S'attaquer Š° la mauvaise cible

    Il n'est pas toujours facile de confronter la personne ou la situation qui nous cause une frustration. C'est souvent exigeant aussi, de poser les gestes nŠ¹cessaires pour trouver la satisfaction dŠ¹sirŠ¹e. Il n'est pas rare, donc, qu'au lieu de faire face Š° ces difficultŠ¹s on s'en prenne Š° un tiers pour dŠ¹verser sa colŠøre. Un grand sentiment d'injustice s'installe alors chez celui qui est ainsi utilisŠ¹. C'est lŠ° une des maniŠøres par lesquelles on arrive Š° empoisonner une relation.

  • Ceux qui dŠ¹sirent en savoir plus sur la colŠøre, peuvent consulter l'article

    La puissance des Š¹motions
    Par Michelle Larivey

    Š™ditions de l'Homme, 2002
    ISBN 2-7619-1702-2
    334 pages, 26.95 $can