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Le charbon dans sa rŠ¹alitŠ¹ matŠ¹rielle, objet de toutes les convoitises des 18Šøme, 19Šøme et 20Šøme siŠøcle. Tant de sueur, de larmes et de sang pour ces quelques cailloux noirs.

7.1. Qui a dŠ¹couvert le charbon.

Selon la lŠ¹gende, ce serait un forgeron du nom de Hullos de Plainevaux habitant la rŠ¹gion de LiŠøge qui serait Š° l'origine de cette dŠ¹couverte qui allait changer la face du monde.

Voici ce qu'Š¹crit Gilles d'Orval, scribe d'Albert de Cuyck, prince-Š¹vŠŗque de LiŠøge de 1194 Š° 1200. Ce rŠ¹cit, plein de fantaisie a fait naŠ¾tre la belle lŠ¹gende de Hullos, ce personnage juste Š° mi-chemin entre la lŠ¹gende et la rŠ¹alitŠ¹, ce forgeron si cher au coeur des LiŠ¹geois, si presque rŠ¹el, qu'il faudrait Šŗtre trŠøs malin et pouvoir retourner dans le temps pour affirmer ensuite avec preuves Š° l'appuis que ce Hullos est une lŠ¹gende ou une rŠ¹alitŠ¹.

L'action se passe vers l'an 1000 et Š° cette Š¹poque, seul le charbon de bois permettait Š° la forge de fonctionner. Cependant, tout en travaillant notre hŠ¹ros marmonnait dans ses dents en se plaignant. "J'ai beau travailler et travailler, mais le prix Š¹levŠ¹ du charbon de bois ne me permet pas de rembourser mes dettes, de payer les impфts au seigneur et encore moins de mettre un sou en poche . " Il Š¹tait tellement absorbŠ¹ par son travail et par ses pensŠ¹es sombres qu'il ne remarqua mŠŗme pas qu'un vieil homme aurŠ¹olŠ¹ de cheveux blancs, Š° la longue barbe blanche et vŠŗtu d'une robe immaculŠ¹e, venait de passer la porte de son atelier. Quand Hullos le vit, le vieillard lui dit. " Si tu as de telles difficultŠ¹s financiŠøres avec le charbon de bois, va sur la Colline aux Moines, creuse une tranchŠ¹e, enlŠøve la terre arable et tu trouveras au fond de ton trou une terre noire, brillante. Jette la dans ton foyer et tu verras qu'elle brыle dix fois mieux que le charbon de bois. " et le vieil homme disparut. Perplexe mais sachant qu'il n'avait rien Š° perdre, Hullos fit une tranchŠ¹e au sommet de la colline, dŠ¹couvrit cette terre noire, l'utilisa dans sa forge et il put produire armes et outils d'une qualitŠ¹ encore inŠ¹galŠ¹e pour cette Š¹poque. Sa renommŠ¹e devint si forte qu'il eut des commandes Š° ne plus savoir qu'en faire et ne dŠ¹pendant plus du charbon de bois, il put enfin faire des bŠ¹nŠ¹fices substantiels.

Ceci est Š¹videmment une lŠ¹gende car les Eburons (littŠ¹ralement, "peuple qui creuse des bures") (bure = tranchŠ¹e) avaient dŠ¹jŠ° dŠ¹couvert ce minŠ¹ral fossile qui brыle. Les Romains, ayant dŠ¹fait l'armŠ¹e gauloise s'installŠørent chez nous et adoptŠørent ce combustible puisque des archŠ¹ologues en ont retrouvŠ¹ dans l'hypocauste de plusieurs villas romaines de la rŠ¹gion liŠ¹geoise.

Au cours du Moyen Age, l'exploitation du charbon reste artisanale. des tranchŠ¹es, des puits d'une dizaine de mŠøtres de profond et quelques petites galeries de quelques mŠøtres de long, quelques galeries Š° flanc de coteau Š° travers banc pour retrouver les veines de charbon et les exploiter sommairement.

Notons tout de mŠŗme que la premiŠøre houillŠøre dont fait mention l'histoire du Pays de LiŠøge, a dы se trouver aux environs d'Yvoz-Ramet. Elle est mentionnŠ¹e dans une charte donnŠ¹e en 1202 par l'EvŠŗque Hugues de Pierpont Š° des moines cisterciens. Pour en revenir une derniŠøre fois Š° notre Hullos, on le dit originaire de Plainevaux, qui est bien proche d'Yvoz-Ramet. Comme quoi la lŠ¹gende reste proche de la rŠ¹alitŠ¹ si bien que notre hŠ¹ros reste avec un pied dans la rŠ¹alitŠ¹ et un autre dans la lŠ¹gende.

La fin du 18Šøme siŠøcle mais surtout le 19Šøme et 20Šøme siŠøcle avec l'avŠønement de la machine Š° vapeur et des moteurs Š¹lectriques, vont Šŗtre les siŠøcles d'expansion, d'apogŠ¹e, de dŠ¹clin et de fin d'exploitation du charbon en Europe Occidentale

7.2. La petite histoire de l'exploitation du charbon.

7 .2.2. Les diffŠ¹rents bassins houillers. Le gisement houiller belge se rŠ¹partit en 5 bassins principaux. Le Bassin du Borinage 14% de la production belge S'Š¹tendant Š° l'Ouest de Mons jusqu'Š° la frontiŠøre franŠ·aise et se dŠ¹veloppant notamment sous les localitŠ¹s de Blaton, QuiŠ¹vrain, Quaregnon, Jemappes, Hensies, Saint Ghislain, Hornu, Frameries, PŠ²turages, FlŠ¹nu, Nimy. Le Bassin du Centre 12% de la production belge A l'Est de Mons, avec HavrŠ¹, Maurage, Obourg, StrŠ¹py, Houdeng, La LouviŠøre, Haine Saint Paul, Haine Saint Pierre, Manage, Morlanwez, Trazegnies, Binche. Le Bassin de Charleroi-Namur 24% de la production belge A l'Ouest et Š° l'Est de Charleroi avec Anderlues, Thuin, Lobbes, Monceau sur Sambre, Fontaine l'EvŠŗque, Marchienne au Pont, Montignies, Gosselies, Jumet, Ransart, Couillet, Marcinelle, Gilly, ChŠ²telineau, Tamines, Aiseau, Auvelais, Andenne. Le Bassin de LiŠøge 15% de la production belge Depuis Wanze jusqu'Š° la frontiŠøre Est avec Jehay-BodegnŠ¹e, Loncin, Horion-HozŠ¹mont, Velroux d'une part, tout le bassin industriel de LiŠøge depuis Chockier jusque Herstal, Jupille, Wandre et Milmort et la plus grande partie du plateau de Herve avec Micheroux, Blegny, RomsŠ¹e, Battice. Le Bassin de la Campine 35 % de la production belge S'Š¹tendant dans les environs de Beringen, Helchteren-Zolder, Houthaelen, Genk, Eisden.

7.2.2. Description des veines de houilles et des terrains encaissants.

Nous avons vu comment s'est formŠ¹ le charbon. Cependant la rŠ¹alitŠ¹ de terrain est tout autre. Le charbon se prŠ¹sente en couches qui varient considŠ¹rablement en Š¹paisseur, en rŠ¹gularitŠ¹ et en inclinaison.

Au cours des Š¹preuves formidables auxquelles elles furent soumises pendant des temps trŠøs longs, certaines couches, ou parties de couches ont pu rester horizontales, d'autres se sont inclinŠ¹es plus ou moins fort, jusqu'Š° devenir absolument verticales.

De mŠŗme, si les couches originelles de vŠ¹gŠ¹taux avaient, sur toute leur Š¹tendue, une Š¹paisseur sensiblement constante, les phŠ¹nomŠønes successifs auxquels elles ont Š¹tŠ¹ soumises ont singuliŠørement modifiŠ¹ cette rŠ¹gularitŠ¹. L'Š¹paisseur d'une couche de charbon peut ainsi varier dans son Š¹tendue au point que, parfaitement exploitable en un endroit, elle se transforme plus loin en une mince veinette ou disparaŠ¾t complŠøtement, laminŠ¹e entre les couches qui l'entourent pour revenir l'endroit suivant sous une belle puissance.

L'Š¹paisseur des couches qui sont exploitables varie normalement entre 0,35 m et 2,00 m en moyenne. L'Š¹paisseur moyenne des couches exploitŠ¹es en Belgique est de 0,60 Š° 0,65 m. Il est rare, par contre, que toute la couche soit, sur toute son Š¹paisseur et sur toute son Š¹tendue, du charbon utilisable. Le charbon de la couche est souvent sŠ¹parŠ¹ en lits par des intercalations de pierres plus ou moins minces.

Tous les mouvements subis dans les entrailles de la terre, toutes les modifications supportŠ¹es, toutes les tortures endurŠ¹es par les couches de charbon donnent au gisement belge une allure tourmentŠ¹e qui met, Š° tous les instants, les exploitants devant des situations difficiles qu'il faut cependant bien surmonter

Une couche de houille, malgrŠ¹ ses variations d'Š¹paisseur, d'inclinaison, de rŠ¹gularitŠ¹, n'en est pas moins une unitŠ¹ continue et il est des couches que l'on suit depuis l'extrŠ¹mitŠ¹ Ouest du dŠ¹partement au Pas-de-Calais jusque dans la Ruhr en passant par le Nord de la France et la Belgique. Elle ne font que changer de nom car dans chaque charbonnage, toutes les couches ont un nom de baptŠŗme ou un numŠ¹ro minŠ¹ralogique, donnŠ¹ en fonction de circonstances locales et dŠ¹pendant notamment de leur aspect (Diamant, Beaujardin. ) de leur duretŠ¹ (Dure Veine. ) de leur Š¹paisseur (Quatre Paumes. ) ou d'autres circonstances (DŠ¹sirŠ¹e, Bonne EspŠ¹rance, Lurtay, Au Midi, Flairante. )

De part et d'autre des veines de charbon se trouvent ce que les mineurs appellent des "morts terrains", des roches dŠ¹pourvues de charbon, des roches stŠ¹riles n'ayant aucun intŠ¹rŠŗt Š¹conomique. Elles sont soit mises de cфtŠ¹ soit remontŠ¹es et stockŠ¹es sur les terrils. On peut ainsi trouver.

Le grŠøs est une roche trŠøs dure (la plus dure rencontrŠ¹e dans les travaux du fond) formŠ¹e de petits grains de sable agglomŠ¹rŠ¹s et collŠ¹s par un ciment siliceux. Le grŠøs ne rŠ¹agit pas Š° l'acide chlorhydrique mais raie le verre et ne se laisse pas entamer par l'ongle du mineur. Sous un choc violent avec un pic, il donne une Š¹tincelle rouge claire. Il se prŠ¹sente en bancs moins Š¹pais que les schistes et les psammites.

Le psammite est un grŠøs micasŠ¹ et schisteux, dont le ciment est argileux et auquel la disposition des paillettes de mica permet au mineur de le dŠ¹biter en feuillets. La cassure du psammite montre des paillettes de mica Š° l'Š¹clat mŠ¹tallique. Le psammite ne rŠ¹agit pas Š° l'acide chlorhydrique, raie lŠ¹gŠørement le verre et se laisse rayer par l'ongle du mineur. Sous un choc violent avec un pic, il donne une Š¹tincelle rouge sale. Les bancs de psammite sont parfois fissurŠ¹s et laissent infiltrer l'eau.

Le schiste est une roche argileuse, feuilletŠ¹e qui se divise aisŠ¹ment en lames. Il se laisse abattre avec facilitŠ¹. Le schiste ne rŠ¹agit pas Š° l'acide chlorhydrique, ne raie pas le verre et se laisse rayer par l'ongle du mineur. Sous un choc violent avec un pic, il ne donne aucune Š¹tincelle Le schiste se prŠ¹sente parfois en formation trŠøs compacte. Dans ce cas, il est dur et le boisage de soutŠønement est facile Š° exŠ¹cuter. Quelquefois il existe en formation trŠøs friable. Dans ce cas, il demande un boisage trŠøs soignŠ¹ et beaucoup de prudence pendant son exŠ¹cution.

La sidŠ¹rose est un carbonate de fer. Elle se rencontre sous forme de boules ou rognons, dissŠ¹minŠ¹s dans certains bancs de schistes ou dans le charbon lui mŠŗme. Les rognons contiennent +- 15% de fer. Ils sont trŠøs durs et de ce fait, contrarient souvent l'abatage et le forage. Ils forment parfois des cloches dans le toit de la couche. En se dŠ¹tachant, elles peuvent provoquer des accidents graves. L'attention de l'ouvrier doit alors Šŗtre plus soutenue et l'auscultation du toit plus rŠ¹pŠ¹tŠ¹e.

La pyrite est un minerais de fer (FeS2 ). Les cristaux de pyrite jaune ont un trŠøs vif Š¹clat mŠ¹tallique et un poli trŠøs brillant. Elle produit une Š¹tincelle sous le choc d'un outil. A l'air humide et en prŠ¹sence de certaines bactŠ¹ries elle se dŠ¹compose, produisant de l'acide sulfurique et de l'oxyde de fer. Cette rŠ¹action est trŠøs exothermique au point que cela peut causer des incendies de terrils.

La calcite est un carbonate de calcium (CaCO3 ). La calcite rŠ¹agit Š° l'acide chlorhydrique en provoquant une belle effervescence, ne raie pas le verre. Sous un choc violent avec un pic, elle ne donne aucune Š¹tincelle mais s'effondre en petits fragments rhomboŠ¹driques. La calcite remplit les fissures situŠ¹es entre les diffŠ¹rents bancs de roches principales et peut mŠŗme parfois se prŠ¹senter en formation trŠøs compacte.

La pholŠ¹rite est un silicate hydratŠ¹ d'alumine. C'est une substance blanche, trŠøs douce au toucher, qui sillonne les terrains houillers dans les dŠ¹rangements, Š¹treintes, rejets. Lorsqu'on rencontre de la pholŠ¹rite, les terrains sont souvent trŠøs friables, ce qui demande des prŠ¹cautions lors du boisage et des tirs de mines.

Une couche de charbon, si mince et si puissante soit-elle, est toujours.

  • dŠ¹posŠ¹e sur un banc de schiste qui a reŠ·u le nom de "mur"
  • recouverte de bancs de schistes, dont celui qui touche immŠ¹diatement la couche de charbon a reŠ·u le nom de "toit"

Chaque couche de charbon a donc son "mur" et son "toit". le mur et le toit d'une couche dŠ¹terminŠ¹e possŠødent des caractŠøres spŠ¹ciaux et notamment les fossiles caractŠ¹ristiques propre Š° cette couche.

Pour faire court, nous diront que le "mur" est antŠ¹rieur Š° la couche de charbon. C'est dans cette couche argileuse (aujourd'hui transformŠ¹e en schiste), riche en humus, que s'Š¹taient installŠ¹es les racines des plantes.

Puis vient la couche de charbon composŠ¹e de troncs, de branches et de feuilles fossilisŠ¹es.

Au dessus de la couche de charbon vient le "toit". Cette couche argileuse mŠŗlŠ¹e Š° du sable est postŠ¹rieure Š° la couche de charbon et dans celle-ci, ce sont plutфt des branches et des feuilles que nous y retrouvons fossilisŠ¹es.

Ces caractŠøres spŠ¹ciaux varient d'une couche Š° l'autre. Quand dans son langage du terroir, un mineur veut taxer quelqu'un d'incompŠ¹tence il dit que ce dernier ne pourrait pas reconnaŠ¾tre le toit du mur.

Savoir reconnaŠ¾tre le toit du mur a une grande importance surtout dans les ouvrages dŠ¹rangŠ¹s. queuvŠ¹es, Š¹treintes. En rŠøgle gŠ¹nŠ¹rale, les terrains gras et dŠ¹liteux, qui paraissent se confondre avec la couche mŠŗme, ne donnent aucun indice sŠ¹rieux.

Un exemple typique est la couche dite "Beaujardin" connue aussi sous les noms de "Veine de Herve", "Fraxhisse", "Bouxharmont", "DŠ¹sirŠ¹e", "Diamant", "Lurtay". Cette couche est dŠ¹jŠ° observŠ¹e dans le Pas de Calais, le Borinage, la rŠ¹gion de Charleroi, Namur, LiŠøge. mais aussi en Hollande, en Allemagne et en Angleterre.

On la reconnaŠ¾t facilement, car elle porte avec elle sa carte d'identitŠ¹. Cette carte d'identitŠ¹ c'est son toit qui contient en grande abondance un mollusque de l'ordre des AmmonoŠædes, ancŠŗtre des cŠ¹lŠøbres ammonites. Ce mollusque n'a vŠ¹cu que peu de temps sur notre terre. Il s'agit du Gastrioceras subscrenatum. On le retrouve, aplati, dans les schistes du toit ou parfaitement conservŠ¹ dans les nodules ou boules de sidŠ¹rose qui se sont formŠ¹es et durcies peu de temps aprŠøs la formation du toit

Voici quelques exemples de ces changements d'Š¹paisseur, de rŠ¹gularitŠ¹ et d'inclinaison tirŠ¹s d'un des manuels de formation de mon grand pŠøre. Ce fascicule Š¹tait destinŠ¹ aux futurs IngŠ¹nieurs des Mines. Il a Š¹tŠ¹ rŠ¹alisŠ¹ et Š¹ditŠ¹ en 1927 par l'IngŠ¹nieur Divisionnaire EugŠøne Robadzinski et servait de "Cours de GŠ¹ologie AppliquŠ¹e aux Mines de Charbon de Belgique et du Nord de la France".

Selon ce dessin, la puissance d'une couche est l'Š¹paisseur de charbon dŠ¹veloppŠ¹e par la couche.

Les faux murs et faux toit sont des terres stŠ¹riles riches en fossiles qui seront abattues en mŠŗme temps que le charbon, triŠ¹es en surface et conduites en terril.

On donne le nom de "selle" Š° un raccord entre deux plis en forme de voыte (anticlinal en gŠ¹ologie gŠ¹nŠ¹rale) Les selles sont toujours dues Š° des soulŠøvements de terrains provoquŠ¹s par des pressions intŠ¹rieures, se manifestant de bas en haut.

On donne le nom de "Fond de Bassin" Š° un raccord de deux plis en forme de voыte renversŠ¹e (synclinal en gŠ¹ologie gŠ¹nŠ¹rale). Les fonds de bassin sont toujours la consŠ¹quence d'affaissements de terrains, de poussŠ¹es de haut en bas.

Les "selles" et les "fonds de bassin" sont rarement de niveau (horizontaux comme le montre le dessin). C'est pourquoi dans le langage courant on dit que "la selle monte", que "la selle descend", que "le fond de bassin monte" ou que "le fond de bassin descend".

On donne le nom de "queuvŠ¹e" Š° des brins de couches de charbon situŠ¹es entre deux parois de mŠŗmes terrains. On distingue ainsi des "queuvŠ¹es de toit" et des queuvŠ¹es de mur".

Une couche est en "Š¹treinte totale" quand le charbon a complŠøtement disparu du fait que le toit et le mur se sont rapprochŠ¹s au point de se toucher.

Sous l'action de deux poussŠ¹es simultanŠ¹es, l'une venant du haut et l'autre venant du bas.

Sous l'action d'une poussŠ¹e venant du bas seulement (renflement de mur).

Sous l'action d'une poussŠ¹e venant du haut seulement (renflement de toit).

Une couche a une allure dite "en chapelet" quand elle prŠ¹sente une succession d'Š¹treintes et de renflements.

On donne le nom de rejet Š° un simple Š¹tirement de la couche.

Crains, failles et rejets sont en fait des figures diffŠ¹rentes de ce qu'on appelle en GŠ¹ologie GŠ¹nŠ¹rale une faille avec dŠ¹placement.

7.2.3. Les premiŠøres exploitations miniŠøres.

Certaines couches assez nombreuses, notamment sur les rives de la Meuse, ont Š¹tŠ¹, au cours des plissement subis, suffisamment relevŠ¹es pour venir affleurer Š° la surface du sol.

Les chercheurs de houille (en wallon les "houilleux" Š° Charleroi ou "hoŠæeux" Š° LiŠøge) suivirent Š° l'origine la couche qu'ils avaient trouvŠ¹e sous leurs pieds. ArmŠ¹s des outils qu'ils avaient sous la main, pelles, pioches et paniers, ils creusŠørent des tranchŠ¹es Š° ciel ouvert et puisŠørent Š° cette source le combustible convoitŠ¹.

Georg Bauer, dit Georgius Agricola 1494-1555 a rŠ¹alisŠ¹ de superbes gravures dans son ouvrage "De Re Metallica" expliquant les Š¹volutions des techniques miniŠøres.

Les premiŠøres houillŠøres Š¹taient rudimentaires et peu profondes et les moyens d'extraction archaŠæques. Les travaux n'exigeaient pas de connaissances spŠ¹ciales, mais au fur et Š° mesure de leur Š¹loignement de la surface du sol, ils devenaient de plus en plus pŠ¹nibles et ils devaient bientфt s'arrŠŗter Š° cause de leur difficultŠ¹, de leur prix Š¹levŠ¹ et surtout Š° cause des eaux qui s'engouffraient dans les tranchŠ¹es sans issues. Alors, les premiers mineurs abandonnaient leur chantier pour aller Š° la recherche d'un autre endroit oщ ils pourraient reprendre leur travail ingrat. Comme ils n'avaient aucune notion sur le tracŠ¹ et la position des couches, ils remuaient le sol en tous points.

Les insuccŠøs rŠ¹pŠ¹tŠ¹s de ces travaux rudimentaires et la demande croissante de combustible obligŠørent nos ancŠŗtres Š° amŠ¹liorer les mŠ¹thodes. Ils revinrent vers leurs anciennes tranchŠ¹es et au lieu de continuer Š° creuser des tranchŠ¹es Š° ciel ouvert, ils creusŠørent des galeries descendant tout simplement dans la couche en suivant sa pente.

On le voit, la profondeur des galeries est trŠøs faible.

MŠŗme si la profondeur n'est pas importante (A. on voit les racines des arbres pendre dans la galerie) le mineur, dŠøs qu'il s'Š¹carte de l'entrŠ¹e, se trouve face Š° un problŠøme de poussiŠøres et d'aŠ¹ration. Deux acolytes armŠ¹s d'un drap (B) le secouent afin de faire un tant soit peu circuler l'air dans la galerie.

Un dŠ¹tail de la gravure prŠ¹cŠ¹dente montre que le mineur travaillait Š° cette Š¹poque sans aucune protection. ni casque, ni chaussure spŠ¹ciale.

Ce furent lŠ° les premiŠøres exploitations souterraines dans notre pays et il est difficile d'en situer l'emplacement et d'en dŠ¹terminer l'Š¹poque. Il ne faut pas les confondre avec les exploitations par puits qui suivirent Š° la fin du XIIŠøme siŠøcle.

Certains savants font remonter l'exploitation par galerie inclinŠ¹es avant 714. On retrouve d'ailleurs dans les abbayes et les collŠ¹giales les plus anciennes du Pays de LiŠøge, des murs Š¹difiŠ¹s en grŠøs et pierres du terrain houiller. Leur prŠ¹sence semble accuser l'existence de travaux de mines antŠ¹rieurs, mines dont les recherches ont amoncelŠ¹ des tas de pierres utilisŠ¹es ensuite Š° la construction. Or ces Š¹difices furent Š¹rigŠ¹s dŠøs l'an 712, sous Saint Hubert.

Entre l'an mil et 1200, la crŠ¹ation de galeries descendantes dans les couches de houille constituait dŠ¹jŠ° une amŠ¹lioration sensible des mŠ¹thodes. Les travaux s'Š¹tendirent et l'on osa pŠ¹nŠ¹trer de plus en plus dans les entrailles de la terre.

Cependant, si les obstacles provoquŠ¹s par la difficultŠ¹ de soutenir les terrains ou de ramener Š° la surface pouvaient Šŗtre plus ou moins facilement vaincus, il en Š¹tait un devant lequel les anciens mineurs Š¹taient impuissants. l'eau qui s'infiltrait dans les travaux pour les rendre bientфt inhabitables.

L'eau a toujours Š¹tŠ¹ un ennemi implacable du mineur et, de nos jours encore, elle exige la mise en oeuvre de mŠ¹thodes particuliŠøres des des moyens puissants pour Šŗtre mise Š° raison. Les moyens rudimentaires dont disposaient les Anciens ne leur permettaient pas de s'opposer victorieusement Š° ce flŠ¹au et bientфt les eaux les obligeaient Š° abandonner les travaux aussi lŠ¹gŠørement qu'ils avaient Š¹tŠ¹ entrepris. Il fallait chercher des moyens pour surmonter les dangers de cet ennemi mortel. Un fait accidentel en donna l'occasion.

Les premiŠøres exploitations se trouvaient sur les hauteurs de la rive gauche de la Meuse. Mais sur le flanc des collines bordant Š° gauche le fleuve, des couches de houilles affleuraient aussi. Dans ces couches lŠ¹gŠørement inclinŠ¹es vers le haut, on creusa des galeries qui permirent une exploitation fructueuse. Mais il arriva que ces galeries s'Š¹levant toujours plus haut Š° l'intŠ¹rieur de la colline, allŠørent rejoindre d'anciennes exploitations Š¹tablies antŠ¹rieurement au sommet et abandonnŠ¹es devant l'envahissement des eaux. Les galeries venant du flanc des collines donnŠørent ainsi un Š¹coulement des eaux des anciennes galeries qui s'assŠ¹chŠørent et devinrent Š° nouveau exploitables. On pensa alors bientфt rŠ¹unir tous les travaux en cours Š° ces canaux d'Š¹coulement vers la vallŠ¹e et l'exploitation charbonniŠøre prit un nouvel essor. Les galeries d'exhaure venaient de voir le jour.

Ce moyen d'assŠøchement des travaux miniers dŠ¹couvert par hasard fut bientфt exploitŠ¹ systŠ¹matiquement. Des gens riches et des congrŠ¹gations religieuses se mirent en devoir de faire creuser Š° leurs frais des canaux dŠ¹bouchant au fond de la vallŠ¹e et qui s'enfonŠ·aient profondŠ¹ment dans les collines Š° la rencontre des couches de charbon. Lorsque ces canaux, dont certains avaient une longueur considŠ¹rable (jusqu'Š° 15 km), Š¹taient terminŠ¹s, ils en donnaient l'usage moyennant paiement d'une redevance, aux patrons charbonniers qui y raccordaient leurs travaux. Ces canaux de drainage s'appelaient "araines" (ou areines ou encore arŠønes)

Nous Š¹tions toujours Š° l'Š¹poque de l'exploitation du charbon Š° l'aide de galerie creusŠ¹es dans la pente de la couche. Il serait difficile de dire Š° quelle Š¹poque furent crŠ¹Š¹es les premiŠøres araines, mais il est incontestable que les principales existent depuis trŠøs longtemps. Les eaux qu'elles Š¹vacuaient Š¹taient Š¹vacuŠ¹es vers la Meuse ou alimentaient les fontaines de la CitŠ¹, dŠ¹jŠ° avant le XŠøme siŠøcle (vers 930, au temps du Prince EvŠŗque Richard, on amena l'eau de l'araine de la CitŠ¹ sur le MarchŠ¹). Comme ces araines avaient une importance primordiale pour l'industrie charbonniŠøre, elles furent bientфt protŠ¹gŠ¹es par des lois et des Š¹dits. Il Š¹tait dŠ¹fendu d'y toucher sous peine de mort. A l'heure actuelle, les charbonnages Š¹tant fermŠ¹s, de nombreuses araines fonctionnent encore et comme l'eau a percolŠ¹ Š° travers les roches avant de s'Š¹couler dans ces conduits, c'est maintenant la SWDE qui les gŠøre car ce sont des point d'eau potable apprŠ¹ciables.

L'exploitation par puits verticaux remonte Š° la fin du XIIŠøme siŠøcle. On a peu de donnŠ¹es sur les houillŠøres qui existaient alors. Les actes de vente ou de location de terrains, demandes de concession miniŠøre antŠ¹rieurs Š° 1250 dans lesquels on pourrait trouver mention de la houille sont extrŠŗmement rares. Encore une fois, c'est Georgius Agricola, qui de par ses gravures nous donne un aperŠ·u de ce que devait Šŗtre ces premiŠøres exploitations.

Le travail Š¹tait dur, les rendements mŠ¹diocres. Une poulie de puits suffisait Š° faire monter et descendre une espŠøce de panier dans lequel les mineurs dŠ¹posaient le prŠ¹cieux combustible. Les mineurs montaient ou descendaient un Š° un.

7.2.4. Les exploitations miniŠøres modernes

7.2.4.1. Les installations de surface

Plan d'un concession miniŠøre avec installations de surface

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

Ce que le commun des mortels voit des installations. mais ce n'est que la partie visible de la termitiŠøre.

Les gens qui passent prŠøs d'un charbonnage voient diffŠ¹rents Š¹lŠ¹ments marquants.

  • les chevalements ou chŠ²ssis Š° molettes
  • le terril
  • un bŠ²timent avec une grande cheminŠ¹e
  • tout un tas d'autres bŠ²timents

Ancienne carte postale

Terril Saint Charles Š° Ransart Photo L.V.B. de la rue Gominroux

Nous dŠ¹taillerons la fonction de ces diffŠ¹rents bŠ²timents le moment venu, dans la chronologie de leur utilisation.

Pour l'heure, intŠ¹ressons nous au chemin que parcours la houille pour arriver dans votre poŠŗle Š° charbon mŠŗme si de nos jours, les poŠŗles Š° charbons font plutфt partie des antiquitŠ¹s

7.2.4.2. De la mine Š° votre poŠŗle Š° charbon (1).

DŠøs l'invention de la machine Š° vapeur et de l'Š¹lectricitŠ¹, l'homme a compris que ces inventions allaient rŠ¹volutionner la technologie et c'est Š° ce moment qu'on peut dire que les science du mineur va naŠ¾tre. D'innovation technologique en innovation technologique, les rendements vont augmenter, de mŠŗme que les profits pour le patron charbonnier qui deviendra plus tard le propriŠ¹taire de la mine.

On va utiliser la poudre Š° canon, puis la dynamite. L'explosif changea les conditions de travail et permit notamment le creusement de puits plus profonds et rendit les travaux plus sыrs et plus confortables.

Pour atteindre les veines de charbon, on creuse deux ou plusieurs puits verticaux. l l s assurent la descente des mineurs et du matŠ¹riel et la remontŠ¹e du charbon. Chaque puits mesure e ntre 4. 7 voire 10 mŠøtres de diamŠøtre, d'une profondeur dŠ¹passant aisŠ¹ment les 1000 mŠøtres et comprenant 3 compartiments.
  • U n pour les Š¹chelles. les tuyaux d'exhaure et les cables
  • D eux pour les cages.
Avant d'Š¹quiper le puits, il faut d'abord le creuser. C'est ce qu'on appelle "le fonŠ·age" ou "le ravalement". La traversŠ¹e des morts terrains, avant la rencontr e du terrain houiller. Comme on l'a vu plus haut, ces morts terrains sont des bancs de grŠøs, de schistes et de psammites. La profondeur des exploitations souterraines est trŠøs variable et si certaines couches de charbon sont exploitŠ¹es Š° une distance relativement faible de la surface du sol (je me rappelle qu'Š° la pause de deux heures, depuis notre cave, on entendait parler les ouvriers qui rejoignaient leur lieux de travail), d'autres le sont Š° plus de 1.100 mŠøtres.

7.2.4.2.1. Le chevalement ou chŠ²ssis Š° molettes

C'est la caractŠ¹ristique premiŠøre de la prŠ¹sence d'une mine de charbon. Il s'agit d'un Š¹difice, formŠ¹ Š° la maniŠøre de la tour Eiffel et qui supporte en son sommet deux Š¹normes roues Š° gorge (les molettes), situŠ¹es Š° la verticale du puits. Des cŠ²bles, depuis la machine d'extraction, font monter vers la surface et descendre vers le fond, les cages chargŠ¹es d'hommes, de matŠ¹riel ou de berlines vides ou pleines.

Les cages de mines sont de dimensions et de capacitŠ¹s trŠøs variables et peuvent recevoir de 2 Š° 12 berlines. Le poids d'une cage vide avec ses accessoires dŠ¹passe souvent dans nos charbonnages les 6 tonnes. Elles sont suspendues Š° des cŠ²bles plats ou cylindriques en acier qui passent sur les molettes, grandes poulies Š° gorge placŠ¹es au sommet du chevalement et surmontant les puits. Les chevalements Š° molettes sont la signature familiŠøre de la prŠ¹sence d'un charbonnage dans notre paysage.

ChŠ²ssis Š° molettes, charbonnage de Blegny Photo L.V.B. Des molettes, les cŠ²bles vont s'enrouler sur les tambours d'Š¹normes machines d'extraction qui amŠønent cages et berlines vers la surface. 7.2.4.2.2. La machine d'extraction

La machine d'extraction est un puissant treuil servant Š° la remonte et Š° la descente des cages. Il est actionnŠ¹ par un moteur Š¹lectrique de 1000 CV (autrefois Š° vapeur d'oщ la prŠ¹sence d'une cheminŠ¹e) et muni soit de grandes molettes pour les cŠ²bles plats, soit de tambours bi-cylindres coniques pour les cŠ²bles ronds, tambours sur lesquels s'enroulent ces cŠ²bles. La machine d'extraction munie de systŠømes de sŠ¹curitŠ¹ (Š¹vite-molettes etc. ) est manoeuvrŠ¹e par un mŠ¹canicien en relation avec les encageurs du jour et du fond par un systŠøme de signaux sonores et lumineux. Ce mŠ¹canicien a une trŠøs grande responsabilitŠ¹.

7.2.4.2.3. Bouveaux et tailles

A ces grandes profondeurs, le gradient gŠ¹othermique est de 1°C tous les 33 mŠøtres. C'est-Š°-dire que pour 33 mŠøtres d'enfoncement dans le sol la tempŠ¹rature augment de 1°C. Si rien n'est entrepris pour palier Š° ce problŠøme, il est certain que les tempŠ¹ratures sur les lieux de travail deviendraient vite intenables et dŠ¹passeraient de plus de 30°C en plus de celle de la surface. De puissants aŠ¹rateurs insufflant de l'air frais de la surface et aspirant l'air chaud du fond de la mine permettent de garder une tempŠ¹rature supportable comprise entre 25 et 30°C. A partir des puits dont l'emplacement a Š¹tŠ¹ dŠ¹terminŠ¹ par des Š¹tudes et des recherches approfondies, partent des galeries horizontales qui, Š° divers Š¹tages, se dirigent vers les couches Š° exploiter. D'Š¹tage Š° Š¹tage, elles sont rŠ¹unies par d'autres galeries qui, toutes ensemble, constituent un rŠ¹seau bien coordonnŠ¹. Tout ce systŠøme de galeries est reliŠ¹ d'une part Š° un puits surmontŠ¹ d'un ventilateur et appelŠ¹ "puits d'aŠ¹rage", d'autre part, Š° un autre puits dit "puits d'entrŠ¹e d'air".

Plan d'une concession miniŠøre

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

Le ventilateur aspire Š¹nergiquement l'air viciŠ¹ de la mine. Celui-ci est remplacŠ¹ par de l'air frais qui se prŠ¹cipite Š° l'intŠ¹rieur par l'autre puits et qui, judicieusement dirigŠ¹, vient assainir tant bien que mal toutes les voies et les chantiers. La longueur totale des galeries d'un charbonnage dŠ¹pend de son importance et de la disposition des couches qu'il exploite, mais plus d'un charbonnage belge en compte plus de 100 km.

A partir du puits central, on creuse alors des galeries presque horizontales dŠ¹nommŠ¹es "bouveaux" qui permettent d'atteindre les veines de charbon. LŠ¹gŠørement inclinŠ¹es vers le puits, elles aident Š° l'Š¹coulement des eaux. Pour creuser une galerie, l'ouvrier "bouveleur" utilise un puissant marteau perforateur Š° air comprimŠ¹ produisant un tel bruit assourdissant que deux mineurs Š° 50 cm l'un de l'autre ne se comprennent pas. mŠŗme en criant. Avec cet engin, il va forer 30 Š° 50 trous de mines de 2,4 mŠøtres de long.

Bouveleur armŠ¹ de son marteau perforateur prŠ¹parant une nouvelle galerie

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

Puis, un ouvrier spŠ¹cialisŠ¹, le "boutefeu" y place les charges de dynamite et bourre le tout d'argile. AprŠøs avoir constatŠ¹ l'absence de grisou, il fait exploser les cartouches. DŠøs que la galerie est d Š¹gagŠ¹e, une Š¹quipe de spŠ¹cialistes installe une voыte de soutŠønement au moyen de bois, puis plus tard de cadres mŠ¹talliques.

Au fur et Š° mesure de leur creusement, les parois des galeries sont soutenues par des cadres mŠ¹talliques, placŠ¹s de distance en distance et qui remplacent de plus en plus les piŠøces de bois utilisŠ¹es prŠ¹cŠ¹demment. Les cadres de soutŠønement sont reliŠ¹s entre eux en suivant leur contour, par des bois, des tфles, des piŠøces mŠ¹talliques qui empŠŗchent la chute des pierres pouvant se dŠ¹tacher des parois. Certaines galeries importantes et qui doivent avoir une longue durŠ¹e sont garnies d'un revŠŗtement de maŠ·onnerie tout comme nos tunnels ou nos viaducs.

Galerie principale Blegny mine Photo L.V.B. Les dimensions de ces galeries varient Š¹videmment avec la circulation qui doit s'y dŠ¹velopper, avec l'Š¹quipement qu'elles doivent recevoir, avec le volume d'air qu'elles doivent laisser passer. De 2,20 m de largeur et 1,65/2,30 m de hauteur, elles peuvent atteindre et mŠŗme dŠ¹passer 4,35 m de largeur et 3,25 m de hauteur. La dimension la plus courante Š¹tant 3,10 m de largeur pour 2,70 m de hauteur.

A chaque Š¹tage, Š° l'endroit oщ la galerie rencontre la veine de charbon, on creuse dans le charbon une voie de tŠŗte et une voie de base. Ces voies ou" chassages" sont horizontales et rŠ¹unies par une petite galerie montante situŠ¹e dans la voie mŠŗme. C'est entre ces voies que progresse la taille.

Ces voies donnent finalement accŠøs aux "tailles", c'est-Š°-dire aux endroits oщ le charbon est arrachŠ¹ aux roches qui l'enserrent. Ces tailles se dŠ¹veloppent dans l'Š¹paisseur de la couche qui peut descendre jusqu'Š° 30-35 cm seulement.

Le mineur y travaille gŠ¹nŠ¹ralement couchŠ¹ sur le cфtŠ¹ et arrache le charbon avec un pic ou un marteau pneumatique. La partie de la couche qu'il a vidŠ¹e la veille ou l'avant veille est remblayŠ¹e soigneusement derriŠøre lui avec des pierres. Pour Š¹viter l'affaissement du toit, on procŠ¹dait au boisage de la taille, c'est ce qu'on appelait le « soutŠønement ». Cette opŠ¹ration extrŠŗmement importante Š¹tait exŠ¹cutŠ¹e par le poste de l'aprŠøs-midi Š° l'aide de bois d'Š¹picŠ¹a qui avaient l'avantage d'avertir des dangers d'Š¹boulement par des craquements. Le charbon abattu est amenŠ¹ Š° grands coups de pelle par les "bouteurs" ou les "sclфneurs" vers l'endroit oщ le "robineur" charge le chariot qu'on appelle "berlines", espŠøce de wagonnets qui circulent sur des voies Decauville installŠ¹es dans les galeries. Le type le plus courant est la berline de 750 litres mais il en existe de 500, 600, 1500 litres et mŠŗme plus. La derniŠøre berline ou berlaine dans la rŠ¹gion de LiŠøge (charbonnage de Blegny) Photo L.V.B. Ces berlines, vides ou pleines, sont dŠ¹placŠ¹es de diffŠ¹rentes faŠ·ons.
  • Des hommes ou des femmes et mŠŗme des enfants (hiercheurs et hiercheuses) les poussent Š° la main. TrŠøs nombreux au dŠ¹but des mines "modernes", leur nombre diminue aprŠøs 1850.

Ces deux anciennes gravures prŠ¹sentes un peu partout sur Internet, attestent, s'il en est encore besoin, du travail des enfants non pas en surface mais aussi au fond.

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

Les hiercheuses Vieille carte postale
  • Des chevaux y sont attelŠ¹s. Le premier cheval est descendu dans une mine en 1821. RemplaŠ·ant l'Šŗtre humain, ils vont devenir des auxiliaires privilŠ¹giŠ¹s des mineurs.
  • Des treuils Š¹lectriques ou Š° air comprimŠ¹ les traŠ¾nent par l'intermŠ¹diaire de cŠ²bles puissants sur de longues distances.
  • Des locomotives Š° combustion interne s'y accrochent et tendent Š° devenir le moyen de transport le plus efficace.
7.2.4.3. Les chevaux dans la mine. Les chevaux ont Š¹tŠ¹ introduits dans la mine et je pense qu'il est bon d'en parler. Mon grand pŠøre les a connus, a travaillŠ¹ avec eux au fond de la mine, a mŠŗlŠ¹ sa sueur Š° celle de ces auxiliaires essentiels pour les "gueules noires". Les chevaux ont endurŠ¹ les mŠŗmes conditions de vie et de travail que les hommes.

En arrivant dans la mine, le cheval est rebaptisŠ¹ par les mineurs qui vont Šŗtre ses compagnons de travail. Un travail physiquement Š¹prouvant l'attend. Il devra marcher de longues heures sur les rails, tirant des wagonnets, dans la poussiŠøre, le bruit, les cris et l'agitation. un environnement immensŠ¹ment loin des vertes prairies pour lequel il est gŠ¹nŠ¹tiquement conŠ·u.

Une pŠ¹riode d'acclimatation d'une quinzaine de jours (maximum 3 semaines) est nŠ¹cessaire pour savoir si le cheval s'adaptera Š° son nouvel environnement. Certains ne supporteront pas le manque de soleil et rapidement montreront des signes de faiblesse. Ils seront rapidement remontŠ¹s et travailleront en surface.

La grande pŠ¹nibilitŠ¹ du travail au fond de la mine fait sŠ¹lectionner des chevaux avec une ossature puissante et une masse musculaire importante. La capacitŠ¹ de travail du cheval et sa durŠ¹e d'exploitation n'en seront que meilleures. On se soucie peu de l'esthŠ¹tique du cheval, seuls comptent sa force et la rŠ¹sistance de ses pieds. Il doit avoir des sabots capables de rŠ¹sister aux chocs permanents contre les rails, le sol boueux, les rochers qui jalonnent les galeries. Le travail de marŠ¹chalerie est d'ailleurs trŠøs important au fond des mines.

Le cheval dans la mine

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

Les chevaux sont habituŠ¹s Š° Šŗtre commandŠ¹s Š° la voix. Dans les descentes par exemple, le mineur crie "au cul" pour lui demander d'amortir la poussŠ¹e qui arrive par l'arriŠøre. A l'inverse, lorsque le mineur crie "au collier", le cheval sait qu'il doit tirer plus fort. Lorsque c'est l'heure de la pause, le cheval entend "Š° la soupe". Un ordre qu'il ne confond pas.

A ce sujet, il est faux de croire, mŠŗme si le travail qu'on leur demande est pŠ¹nible, que les chevaux de mine sont de lamentables martyrs sans dŠ¹fense et victimes de la cruautŠ¹ des hommes. Leurs Š¹curies au fond de la mine, sont confortables, bien entretenues et abondamment pourvues d'eau potable. Leur nourriture est rationnelle, complŠøte et riche et ils sont soumis au contrфle rŠ¹gulier d'un vŠ¹tŠ¹rinaire. Le garde est le responsable du cheval. Il le nourrit et nettoie sa litiŠøre. Il est aussi faux de croire qu'un cheval finissait sa vie dans la mine. AprŠøs les annŠ¹es de travail requises, on le remontait et aprŠøs une rŠ¹Š¹ducation progressive Š° la lumiŠøre, il finissait sa vie dans un prŠ¹ sous la garde des mineurs, ses anciens compagnons de travail.

Le cheval est un investissement, et il faut qu'il puisse travailler longtemps. Lorsqu'un cheval descendait au fond, c'Š¹tait souvent pour 10 ou 20 ans. Globalement, les chevaux des mines ont bŠ¹nŠ¹ficiŠ¹ de plus d'attention que ceux de la surface. AprŠøs le vŠ¹tŠ¹rinaire, et le garde, c'est avec le conducteur que le cheval a le plus de contact. Le conducteur est un mineur chargŠ¹ de former le convoi de wagons que le cheval va tirer dans la galerie.

Mon grand pŠøre me racontait qu'un Percheron "comptait" les berlines qu'on lui faisait tirer Š° l'aide du bruit de chaŠ¾nes qui accompagne le roulage successif des chariots accrochŠ¹s. Il refusait de dŠ¹marrer si le nombre de berlines Š¹tait plus important que celui qu'il avait l'habitude de tirer.

Il arrive que les chevaux deviennent aveugles dans cet environnement privŠ¹ de lumiŠøre. Ils ne sont pas mis au repos pour autant. HabituŠ¹s Š° la configuration des galeries oщ ils se dŠ¹placent, au rythme rŠ¹pŠ¹titif de leurs mouvements, ils peuvent continuer Š° travailler de la mŠŗme faŠ·on. La mine devient leur Š¹curie et ils finissent leur vie entourŠ¹s des bruits et des voix qu'ils connaissent. Les mineurs sont, en gŠ¹nŠ¹ral, trŠøs doux avec les chevaux.

Ma grand mŠøre me racontait qu'il ne se passait pas un mois sans que mon grand pŠøre ne rentre avec une "brogne (blessure, contusion, coupure. ) d'un cфtŠ¹ ou de l'autre" Pour les chevaux il en va de mŠŗme. leur peau est trŠøs rŠ¹guliŠørement meurtrie par des ecchymoses ou des Š¹corchures du fait des chocs sur les parois. Mais les soins qu'on leur prodigue effacent rapidement ces blessures. Lorsque le cheval s'essouffle vraiment trop, qu'il commence Š° manquer d'appŠ¹tit, il n'est plus productif alors, il est remontŠ¹ et remplacŠ¹ par un autre, productivitŠ¹ oblige.

Par contre, les accidents de mine sont souvent fatals aux chevaux. Les Š¹boulements ne leur laissent aucune chance de survie, pas plus que les redoutables coups de grisou ou les inondations. Les hommes Š¹taient sauvŠ¹s les premiers, mais il existe quantitŠ¹ d'histoires bouleversantes de la survie d'un cheval Š° un affaissement de galerie. En 1936, les chevaux ont droit Š° une semaine de pŠ²turage par an. Pour les hommes, c'est la 1Šøre semaine de congŠ¹s payŠ¹s. En 1937, Š° Aniche, une Š¹curie de surface est construite pour accueillir les chevaux des mines lors des dimanches et jours fŠ¹riŠ¹s. En 1960, la mŠ¹canisation sonne le glas des chevaux de mine, et en 1970, les locomotives diesel remplaceront Š° tout jamais les fidŠøles alliŠ¹s Š° 4 jambes. Aujourd'hui, seuls les anciens mineurs se souviennent encore avec nostalgie du temps oщ les chevaux Š¹taient leurs compagnons de labeur.

7.2.4.4. De la mine Š° votre poŠŗle Š° charbon (2).

Par un moyen ou par l'autre, les berlines pleines sont amenŠ¹es prŠøs du puits, Š° un endroit trŠøs frŠ¹quentŠ¹ et Š¹quipŠ¹ d'engins mŠ¹caniques modernes qui s'appelle l'accrochage ou l'envoyage.

Accrochage dans une galerie. Une Š° une, les berlines entrent dans la cage pour Šŗtre remontŠ¹es Ancienne carte postale

C'est une vŠ¹ritable gare oщ arrivent en provenance des chantiers d'exploitation parfois Š¹loignŠ¹s de plusieurs kilomŠøtres des trains de berlines de charbon, de terre, de roches pour Šŗtre remontŠ¹s au jour. Lors de l'encagement, une berline pleine pousse une berline vide de la cage, qui, par un contour du puits, revient dans la galerie pour Šŗtre rŠ¹acheminŠ¹es vers les chantiers d'exploitation.

L'une aprŠøs l'autre, en bon ordre mais avec cŠ¹lŠ¹ritŠ¹, elles sont introduites dans les cages. Un Š¹tage est plein. "Ding !" Un coup de sonnette pour que le machiniste d'extraction monte la cage d'un Š¹tage. Toute le cage est pleine. "Ding, ding !" Deux coups de sonnette et le machiniste d'extraction sait que qu'il peut remonter la cage en surface.

Cage avec mineurs prŠŗts Š° la descente dans les tŠ¹nŠøbres Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard http://andredemarles.skyrock.com/ Les berlines retirŠ¹es des cages sont dirigŠ¹es mŠ¹caniquement ou poussŠ¹es Š° la main vers la recette si elles sont pleines de charbon ou vers le terril si elles sont chargŠ¹es de pierres. Pour ce qui est du terril, un treuil hisse le wagonnet au sommet du monticule, lŠ° oщ il est dŠ¹versŠ¹.

Dans la plupart des cas, on trouve sur le terril un mŠ¹lange de schistes (ancienne argile chargŠ¹e dā€™Š¹lŠ¹ments organiques qui se sŠ¹parent en feuillets) et de grŠ¹s carbonifŠøres (blocs compacts trŠøs durs).
La proportion de schistes est dā€™environ 70%, mais peut descendre exceptionnellement jusquā€™Š° 50% sur certains terrils. Sā€™ajoute Š° ces principaux Š¹lŠ¹ments une proportion variable de charbon qui diminue au fur et Š° mesure que les techniques dā€™extraction et de tri se modernisent.

Il ne fait pas se leurrer. le charbon venant des tailles n'est jamais complŠøtement pur et renferme encore une certaine quantitŠ¹ de stŠ¹rile pouvant atteindre 30 Š° 35% de son volume. Donc, les berlines sont dirigŠ¹es vers le culbuteur, engin dans lequel le wagonnet s'engage, est immobilisŠ¹ le temps que le culbuteur lui fasse faire un 180°, histoire de le vider de son contenu. La berline vide est alors dŠ¹solidarisŠ¹e de la machine qui en culbute une autre. Pendant de temps, que le wagonnet vide va rejoindre les autres avant de repartir pour le fond. Tout ce qui a Š¹tŠ¹ dŠ¹versŠ¹ par le culbuteur part en direction du lavoir. Dans le lavoir, ce charbon brut subit diverses opŠ¹rations qui ont pour but d'en Š¹liminer les pierres et de le classer en diverses catŠ¹gories d'aprŠøs les dimensions des grains qui le constituent. Les rŠ¹sidus vont alors dans un bassin de dŠ¹cantation. Le liquide est alors rŠ¹cupŠ¹rŠ¹ pour repartir vers le lavoir et les particules de schistes et de charbon restantes s'accumulent au fond du bassin pour Šŗtre rŠ¹cupŠ¹rŠ¹es par les ouvriers sous formes de "briquettes" Š° faible pouvoir calorifique appelŠ¹ "schlamms". Le bon charbon est ainsi rŠ¹parti en diverses catŠ¹gories. 0-6 mm, 6-12 mm, 12-22 mm, 22-30 mm, 30-50 mm. La mise en oeuvre des charbons fins est Š¹videmment plus malaisŠ¹e que celle des autres catŠ¹gories dites "Charbons classŠ¹s" Les sociŠ¹tŠ¹ exploitantes de siŠøges charbonniers ont Š¹tŠ¹ innovatrices en matiŠøre de gestion de toute la production. Ainsi le poussier 0/5mm qui reprŠ¹sente plus de 50% de la production doit absolument trouver un dŠ¹boucher Certains charbonnages ont notamment, installŠ¹ des centrales Š¹lectriques assez puissantes dont les chaudiŠøres absorbent une forte proportion de charbons fins. D'autres charbonnages ont Š¹difiŠ¹ des usines d'agglomŠ¹rŠ¹s. Le poussier 0/5mm ne peut entrer dans les conditions actuelles dans l'usine, servir Š° la fraction d'agglomŠ¹rŠ¹s La fraction 1/5 mm est traitŠ¹e, aprŠøs dŠ¹poussiŠ¹rage, dans une installation de lavage pneumatique comprennent en gŠ¹nŠ¹ral 5 tables Birtley d'une capacitŠ¹ de 60T/h. Un silo de 500 T permet de rŠ¹gulariser l'arrivŠ¹e du poussier Dans ces usines, le charbon fin est mŠ¹langŠ¹ intimement avec un produit liant, Š¹galement combustible, comme une espŠøce de goudron appelŠ¹ brai. La pŠ²te ainsi formŠ¹e est fortement comprimŠ¹e sous forme de briquettes pesant environ 10 kg. ou de boulets pesant de 18 Š° 150 grammes. En dŠ¹tail, cela donne.
  • une presse Š° boulets de 18 g d'un dŠ¹bit de 20 T/h
  • une presse Š° boulets de 18 g d'un dŠ¹bit de 30 T/h avec chargement dans des wagons, pouvant, le cas Š¹chŠ¹ant, suivre le dŠ¹bit des deux presses
  • une presse Š° boulets de 45 g d'un dŠ¹bit de 13 T/h
  • une presse Š° boulets de 150 g d'un dŠ¹bit de 24T/h
  • Une presse Š° briquette Š° moule fermŠ¹ de +- 10 kg d'un dŠ¹bit de 15 T/h
  • Les installations sont complŠ¹tŠ¹es par un systŠøme de rŠ¹cupŠ¹ration des dŠ¹chets qui sont broyŠ¹s de sorte que la teneur en brai des agglomŠ¹rŠ¹s ne dŠ¹passe pas les 6%
Une installation d'ensachage permet de livrer des boulets en sacs de 5, 10, 25; 50 kg. Les briquettes, surtout destinŠ¹es Š° l'industrie sont peu encombrantes, trŠøs dures, faciles Š° manipuler et Š° stocker, s'allument plus facilement que le charbon et laissent peu de dŠ¹chets. Les boulets constituent un combustible propre, facile Š° utiliser et Š° emmagasiner. Ils s'emploient sans prŠ¹paration spŠ¹ciale. c'est un combustible domestique de premier ordre. Les charbons prŠ¹parŠ¹s Š° la mine dans les meilleurs conditions atteignent leur destination d'emploi par les moyens de transport traditionnels. chemin de fer, voies navigables, routes. 7.3. Les mŠ¹tiers dans la mine de charbon. Abatteur. ouvrier chargŠ¹ de lā€™abattage du charbon. Accrocheur. ouvrier chargŠ¹ de lā€™accrochage des wagonnets. Boiseur. ouvrier chargŠ¹ du boisage des galeries. Boutefeu. ouvrier chargŠ¹ du minage (creusement des puits et galeries Š° lā€™aide dā€™explosifs). Bouteur. ouvrier chargŠ¹ du travail Š° la pelle dans le fond. Bouveleur. ouvrier creusant les bouveaux. Chargeur. ouvrier chargŠ¹ de dŠ¹gager le charbon des galeries en l'Š¹vacuant dans des wagonnets. Culbuteur. ouvrier chargŠ¹ du basculement des wagonnets, en surface ou sur le terril. Encageur. ouvrier chargŠ¹ de placer les wagonnets dans la cage de lā€™ascenseur pour qu'ils remontent en surface. Forgeron. ouvrier chargŠ¹ de l'entretien de l'outillage. Foudroyeur. ouvrier chargŠ¹ de retirer les Š¹tanŠ·ons situŠ¹s en arriŠøre du front de taille. Freineur. ouvrier chargŠ¹ de manoeuvrer les freins des cages. Galibot. jeune manњuvre, apprenti. GŠ¹omŠøtre. responsable de l'orientation des voies. Glaneuse. ouvriŠøre chargŠ¹e du lavage du charbon. Haveur. ouvrier chargŠ¹ de la rŠ¹colte du charbon dans la veine. Hiercheur (euse). ouvriŠør(Šøre) chargŠ¹(e) de pousser wagonnets pour lā€™Š¹vacuation du charbon. Lampiste. ouvrier(e) prŠ¹posŠ¹ Š° la lampisterie, chargŠ¹ de distribuer et d'entretenir les lampes.

Avec l'aimable autorisation de Mr AndrŠ¹ Paillard

MŠ¹canicien d'extraction ou Machiniste. ouvrier prŠ¹posŠ¹ Š° la machine d'extraction. Meneur. ouvrier chargŠ¹ du transport du charbon ou du matŠ¹riel. Mesureur. ouvrier chargŠ¹ de mesurer le charbon abattu. Moulineur. ouvrier affectŠ¹ Š° la recette du charbon (rŠ¹ception des wagonnets de charbon en surface). Niveleur. ouvrier chargŠ¹ du nivellement du sol. Palefrenier. ouvrier chargŠ¹ de soigner les chevaux. Piqueur. ouvrier chargŠ¹ de l'abattage du charbon (Š° l'aide du marteau-piqueur). Pompier ou tireur d'eau. ouvrier chargŠ¹ de pomper l'eau d'infiltration de la mine. Porion. chef d'un chantier ou d'un puits, responsable des travaux au fond de la mine. Chef porion. responsable hiŠ¹rarchique des porions mais Š¹tait aussi, de par son expŠ¹rience, assistant technique de l'ingŠ¹nieur de fond. Conseil d'administration Š° l'Š¹tage -650 m regroupant l'IngŠ¹nieur, le Chef Porion et les Porions d'un Š¹tage Photo 1928, charbonnage de la rŠ¹gion liŠ¹geoise Raccomodeur. ouvrier qui remplaŠ·ait les mauvais boisages dans les galeries. Racheur. ouvrier qui rŠ¹-Š¹largit les voies resserrŠ¹es. Rachaneuse. femme qui ramasse le charbon au terril. Recarreur. ouvrier chargŠ¹ de l'Š¹largissement des galeries. Rebacteur. ouvrier chargŠ¹ de nettoyer les fossŠ¹s destinŠ¹s Š° lā€™Š¹vacuation des eaux. Remblayeur. ouvrier chargŠ¹ de remblayer les vides aprŠøs lā€™extraction du charbon. Reculeur. ouvrier chargŠ¹ de reculer le charbon abattu. Robineur. ouvrier qui assure l'emplissage des chariots. Sclфneur. ouvrier chargŠ¹ d'assister l'abatteur (trŠøs anciennement). Taqueur. ouvrier chargŠ¹ de l'Š¹vacuation des chariots de charbon de la cage. Trieuse. ouvriŠøre chargŠ¹e du triage du charbon ou des berlines. 7.4. AŠ¹rage et Š¹clairage.

Plus profond est une bonne chose pour le profit car de nouvelles veines purent Šŗtre exploitŠ¹es. mais l'aŠ¹ration et l'Š¹clairage restŠørent des soucis permanents d'autant plus que la mŠ¹connaissance de l'existence du mŠ¹thane (le grisou) causa les premiŠøres explosions accidentelles et les premiers morts.

Sans vraiment en avoir une analyse chimique (la science en Š¹tait encore loin) le mineur, de maniŠøre empirique comprit qu'un gaz Š¹manant du charbon et des terrains encaissants pouvait stagner dans les galeries et exploser au contact d'une flamme ou d'une Š¹tincelle d'un outil frappant une roche dure.

Ce fut alors le temps des "pŠ¹nitents". Le mŠ¹tier de pŠ¹nitent fut confiŠ¹ au dŠ¹part Š° des ouvriers mais vu l ad a n g e r o s i tŠ¹d e l ac h o s e , c es o n t rapidement d e s r e p r i sd e j u s t i c e q u i f i r e n tc e t r a v a i l. En quoi consistait le travail de "pŠ¹nitent"? Deux personnes Š¹taient dŠ¹signŠ¹es et descendaient dans les travaux quelques heures avant leurs camarades, avec des habits de fortes toiles, et la tŠŗte couverte d'une espŠøce de capuchon. Ils avanŠ·aient Š° une certaine distance des fronts de taille et tandis que l'un d'eux se tenait cachŠ¹ dans une galerie voisine, l'autre armŠ¹e d'une perche portant une mŠøche allumŠ¹e Š° son extrŠ¹mitŠ¹, s'approchait en rampant, jusqu'Š° ce que la flamme de la mŠøche commenŠ·Š²t Š° s'allonger. Alors il s'allongeait face contre terre aprŠøs avoir mouillŠ¹ ses vŠŗtements et Š¹levait la perche jusqu'au faŠ¾te de l'excavation. Il se produisait une dŠ¹tonation qui avait souvent pour effet de blesser griŠøvement le pŠ¹nitent. Celui-ci Š¹tait secouru par son camarade.

Cette pratique pour le moins barbare fut interdite en 1825.

Il fallait continuer Š° s'Š¹clairer pour pouvoir travailler et dans le mŠŗme temps, il fallait Š¹liminer le grisou et amener de l'air frais aux ouvriers.

On utilisa des conduites d'aŠ¹rage placŠ¹es le long des parois des puits, on creusa des puits d'aŠ¹ration (qui pourraient servir d'issue de secours en cas de danger), on Š¹chauffa par des foyers placŠ¹s Š° la sortie des puits l'air sortant de la mine pour accŠ¹lŠ¹rer son mouvement et ainsi crŠ¹er un courant d'air. Jusqu'au jour, pas tellement Š¹loignŠ¹, oщ furent inventŠ¹s les ventilateurs actuels qui, placŠ¹s au dessus d'un puits d'aŠ¹ration aspirent violemment l'air viciŠ¹, les gaz et les poussiŠøres qui se trouvent dans la mine. L'air frais entre par un autre puits se rŠ¹pand dans toutes les voies et dans tous les travaux

Cela n'empŠŗcha pas les catastrophe de survenir. Ainsi, la plus importante catastrophe miniŠøre en France eut lieu le 10 mars 1906. Dite catastrophe de CourriŠøres, elle fit 1 099 morts sur les territoires de Billy-Montigny, MŠ¹ricourt et Sallaumines. Toutefois, la cause gŠ¹nŠ¹ralement admise est le poussier et non pas le grisou. A partir de cette Š¹poque, les lampes Š° feu nu seront bannies.

Et la plus grande catastrophe miniŠøre belge eut lieu le 8 aoыt 1956 Š° Marcinelle au Bois du Casier, elle fit 262 morts

Marcinelle, 8 aoыt 1956. 262 hommes de 12 nationalitŠ¹s perdent la vie dans la catastrophe miniŠøre la plus meurtriŠøre qu'a connue la Belgique. Sur 275 mineurs descendus au fond ce matin-lŠ°, seuls treize seront sauvŠ¹s. «Tutti cadaveri» ( tous des cadavres). ce sont les mots du sauveteur Angelo Berto, ne pouvant contenir sa peine. «Allen dood» (ils sont tous morts) ajoutera un sauveteur flamand.

Ceci nous amŠøne tout naturellement Š° parler des mŠ¹thodes d'Š¹clairage.

Le premier mode d'Š¹clairage du mineur fut une bougie ou une chandelle fixŠ¹e sur un bŠ²ton et plantŠ¹e dans la paroi de la galerie.

De chute de pierre en chute de pierre, l'homme tenta de se protŠ¹ger un minimum. des sabots et un casque en cuir bouilli.

Le Mineur (Fusain par Christian Hocquet)

La chandelle fut alors fixŠ¹e au casque par une motte d'argile. Mais cela restait trŠøs archaŠæque.

PremiŠøre avancŠ¹e. fixer un rŠ¹servoir d'huile ou de pŠ¹trole Š° une pointerolle que l'on plantait dans la paroi ou que l'on pouvait fixer au casque. La flamme Š¹tait toujours nue et pouvait Š° tout moment enflammer le grisou.

Dans la Sarre, on utilisa un modŠøle de lampe assez similaire aux anciennes lampes Š° huile romaines mais avec un rŠ¹servoir en mŠ¹tal. Mais lŠ° aussi, la flamme Š¹tait encore nue. tout comme en Grande Bretagne oщ la lampe ressemblait Š° une cafetiŠøre.

Il fallut attendre 1817 et la lampe d'Humphry Davy. La lampe Davy est une lampe Š° combustible dont la flamme est entourŠ¹e dā€™un grillage fin. Sans ce grillage, la flamme aurait pu enflammer les gaz de la mine, ou les poussiŠøres (coup de grisou ou coup de poussier). En effet, les flammes ne traversent pas les grillages fins. Le mŠ¹tal absorbe la chaleur de la flamme. Ainsi refroidie Š° proximitŠ¹ du grillage, la flamme ne peut pas le traverser.

Cā€™Š¹tait la premiŠøre lampe de suretŠ¹. un tamis mŠ¹tallique Š° mailles trŠøs serrŠ¹es empŠŗche la propagation dā€™une flamme de lā€™intŠ¹rieur vers lā€™extŠ¹rieur de la lampe.

Des perfectionnements successifs ont Š¹tŠ¹ apportŠ¹s. double grillage, rŠ¹flecteur, lentilles. En cas de prŠ¹sence de gaz combustible, la flamme se contentait de grandir, conduisant ainsi Š° un signal dā€™alerte.

UltŠ¹rieurement les lampes ont Š¹tŠ¹ Š¹quipŠ¹es dā€™abord dā€™un verre puis dā€™une cuirasse en tфle. Lā€™essence minŠ¹rale sā€™Š¹tant substituŠ¹e Š° lā€™huile, on adapta aux lampes un systŠøme de rallumage interne. enfin vint la lampe Š¹lectrique Š° pile.