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Un Nom pour un autre

Contrairement à ses parents, restés attachés à la culture indienne malgré leur installation à New York au milieu des années 1970, Gogol s'est, comme sa soeur, parfaitement intégré à la société américaine. Au cours d'un voyage en Inde, l'aspirant architecte s'éprend de Maxine, une jeune et riche Étasunienne de race blanche. À son retour, il éprouve une difficulté croissante à assumer son prénom, objet de moqueries. L'irruption d'un drame familial va bientôt forcer Gogol à mieux comprendre le bagage culturel de ses parents, dont l'union avait été autrefois arrangée par leurs familles respectives.

The Namesake: au nom du père

Intégration, identité et amour filial sont sensiblement abordés dans ce long métrage de Mira Nair (Vanity Fair, Salaam Bombay !), situé entre l'Inde et les États-Unis.

Au début des années 70, Ashoke (Irfan Khan), survit à un terrible accident de train. Le jeune étudiant Indien décide alors d'explorer le monde, et s'installe à New York. Quelques années plus tard, sa famille lui présente une jeune femme, Ashima (Tabu). Le mariage - arrangé - est célébré selon la tradition indienne et le couple s'envole vers les États-Unis.

Le choc est rude pour Ashima, qui doit s'adapter à son nouveau mari, un nouveau pays, mais aussi une nouvelle vie, marquée par le confort, les longs hivers, mais aussi l'individualisme. Heureusement, Ashoke et Ashima apprennent à se connaître et à s'aimer.

Le couple donne bientôt naissance à leur premier enfant. Ashima et Ashoke sont pris au dépourvu quand ils apprennent qu'ils doivent lui trouver un nom immédiatement. en Inde, un enfant peut attendre plusieurs années un nom «définitif.» Ils optent pour Gogol, en hommage au célèbre écrivain russe. Un peu plus tard, un nom d'usage est trouvé. Nikhil. Mais voilà, l'enfant préfère Gogol, et Gogol devient son nom d'usage.

Adolescent, Gogol (Kal Penn) s'attire les moqueries de ses camarades. Le jeune garçon fume des joints, lève les yeux au plafond quand ses parents lui parlent, trouve l'Inde un tantinet sous-développée et aurait 100 fois préféré porter un nom « américain» plutôt que russo-indien.

Quelques années plus tard, Gogol, devenu «Nick», travaille dans un cabinet d'architectes, vit à New York, et sort avec Maxine, une jeune fille très classe, très Wasp, et un peu superficielle. Quand Nick, se réconcilie avec sa part indienne, il rencontre une jeune femme, Moushumi (Zuleikha Robinson), elle-même déchirée entre ses deux cultures.

La réalisatrice Mira Nair signe un portrait de famille sensible et juste. Le déchirement entre la culture d'origine et la culture d'adoption est métaphoriquement abordés grâce aux errances de nom de Nick-Gogol. On salue le jeu des comédiens, qui offrent des interprétations justes et subtiles de leurs personnages.

Kal Penn, connu aux États-Unis pour ses rôles comiques, parvient à incarner avec un talent égal l'adolescent blasé, le jeune homme en errance et l'homme mature, drôle, touchant, ou réfléchi. Quant à Tabu, elle donne vie à une Ashima touchante dans sa jeunesse comme dans son âge mûr.

Si le film n'innove ni par son scénario, adapté du best-seller de Jhumpa Lahiri, ni par sa réalisation (colorée, soignée, mais classique), The Namesake retient notre attention par sa justesse, suscite nos émotions par la finesse et la subtilité de son propos.

Parce qu'elle se tient loin du folklore et des clichés, la réalisatrice Mira Nair offre un beau voyage entre deux cultures, deux continents. Une réflexion intelligente sur le sentiment d'appartenance et les relations filiales.

The Namesake. comédie dramatique et romantique de Mira Nair. Avec Kal Penn, Tabu, Irfan Khan, Jacinda Barrett, Zuleikha Robinson

The Namesake. questionne l'identité, le sentiment d'appartenance et l'amour filial. Bref, le destin des Ganguli, une famille indo-immigrante (presque) comme les autres.

Un film juste, sensible, qui donne à voir l'amour sous toutes ses facettes, tout en questionnant l'identité.